Votre fille a vingt ans ↓

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Il y a quelques semaines, Buffy contre les vampires fêtait son vingtième anniversaire. Cette annonce m’a donné un coup de vieux, comme à beaucoup, mais aussi fait prendre conscience de ma constance. Buffy est l’héroïne de mon enfance, et même si nous avons perdu contact pendant près d’une décennie, je m’endors régulièrement en l’admirant botter le cul de méchants en carton pâte.
Ma passion était telle, quand j’avais une dizaine d’année, que non contente de tapisser les murs de ma chambre de posters de mes idoles (certains, grandeurs natures, étaient tout à fait déstabilisants), je passais mes soirées d’été à flâner dans le cimetière de mon petit village avec un sac rempli de pieux taillés pendant la journée. Il s’agissait d’un amusement, bien entendu, mais je ne peux nier que lorsque j’escaladais le muret qui me séparait de mon terrain de jeu, j’espérais secrètement rencontrer une créature de la nuit. Cela n’est malheureusement jamais arrivé. L’évènement le plus inquiétant auquel j’ai été confrontée pendant mes patrouille fut le spectacle d’une femme qui ouvrait ses volets alors qu’il était plus de 21 heures. Une fois de retour au bercail, j’avais longuement exposé cette découverte à mes parents, essayant de les convaincre que cette attitude irrationnel impliquait forcément qu’il s’agissait là d’un vampire.

   Aujourd’hui, avec le recul, je comprends mieux les raisons qui m’ont conduite à vouer une telle adoration à cette série. Je me souviens d’un article de Buffy Magazine (je m’y suis abonnée dès la parution du premier numéro) dans lequel Sarah Michelle Gellar expliquait que selon elle le succès de la série tenait pour beaucoup à ce que l’héroïne était une girl next door. C’est si vrai. Jamais je ne me suis autant reconnue dans un personnage de fiction. Buffy était une adolescente bizarre au regard de bons nombres de ses camarades, souvent mise au ban, moquée des élites populaires du lycée de Sunnydale. Je vivais sensiblement la même chose, à ceci près que je ne sauvais pas le monde, et que je n’avais pas pour me soutenir une formidable bande d’amis. M’identifier à elle, à la nuit tombée, c’était toucher du doigt ces deux attributs qui me faisaient cruellement défaut. J’avais envie moi aussi que les gens découvrent un jour que sous mes airs dilettantes se cachaient une personne extraordinaire, et puis je n’avais pas vraiment d’amis. Alors je faisais semblant, quelques heures par semaine.

   Je suis heureuse qu’elle aie été mon modèle. Elle n’était pas seulement une jolie blonde qui cassait des démons. Elle était un personnage féminin fort, drôle, irrévérencieux, indépendant, intelligent. Je persiste à dire que Buffy contre les vampires est une série féministe. Joss Whedon a su s’affranchir au fil des épisodes des codes de la série pour adolescent, abordant tour à tour l’homosexualité, la drogue, la mort (la vrai, pas celle des méchants), le mal de vivre et la difficile découverte de l’âge adulte et de ses impératifs. J’étais trop jeune lors de leur première diffusion française pour apprécier les dernières saisons, plus sombres, plus profondes, et je m’en suis progressivement détachée. Je n’ai de cesse de clamer aujourd’hui combien elles étaient qualitatives.

   Une question cependant demeure, à laquelle je n’ai trouvé aucune réponse valable en près de 20 années et un bon million de visionnage :

   Comment Angel paye-t-il le loyer de son somptueux manoir ?

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